Adresse :
Parc de la Woluwe Woluwé-Saint-Pierre
Coordonnées GPS :
50.8266 , 4.4291
Inventaire scientifique :

Carte d'identité

Catégorie :
Arbre remarquable
Nom en latin :
Sequoiadendron giganteum
Nom en français :
Séquoia géant
Nom en néerlandais :
Mammoetboom
Nom en anglais :
Giant sequoia
Famille :
Taxodiaceae
Hauteur :
33 m
Hauteur visée :
Cette espèce peut atteindre plus de 90 m en Amérique, 50 à 60 m chez nous
Diamètre de la couronne :
2 m
Circonférence du tronc :
866 cm
Circonférence espérée :
1200 cm
Longévité espérée :
Peut vivre jusqu’à 2000 ans, parfois 3000
Origine / Indigène :
Sierra Nevada, Californie, USA
Sol préféré :
Profond et frais
Climat préféré :
Montagnard humide

Utilité et services de l'arbre

Embellit le paysage :
+++ grande hauteur en lisière de massif
Enrichit la biodiversité :
++ flore : très peu de végétation pousse au pied des séquoias, l’arbre est résistant aux champignons - Faune : la couronne accueille des oiseaux, l’écorce sert d’abri à de nombreux insectes araignées, abeilles solitaires, gendarmes, etc.
Fournit de l'oxygène :
+++ journées d’été ensoleillée, grande surface en feuilles
Purifie l'air :
+++ idem
Filtre l'eau :
+++ pompe l’eau du fond humide
Évite les inondations :
+++ idem
Stocke le carbone :
+++ grande biomasse, bois imputrescible
Adoucit le climat :
+ ombrage limité sous sa couronne
Limite l'érosion du sol :
+++ fixe le talus
Fait du bien, guérit :
+ bois léger et cassant, écorce ignifuge
Botanique illustrée © Wikimedia Commons - The Royal Horticultural Society Diary 2004

Traits et caractères de l'individu

Cet individu est le plus grand sequoia de la Région. Et, dans l’inventaire des arbres remarquables, il est l’arbre qui présente le plus gros tronc, toutes espèces confondues. Sa hauteur vertigineuse est due à une architecture particulière où la pousse terminale domine durant toute la vie de l’arbre. Son espèce porte le nom d’un chef indien cherokee « See-quayah ». On le surnomme aussi « arbre à boxeur » ou « dossier des randonneurs » à cause de son écorce douce et spongieuse. Elle le protège des incendies dans sa région d’origine.

Le Sequoia Géant du Parc de Woluwe

Ce conifère est un des champions de Belgique. Pour le voir en entier, il faut au moins 40 mètres de recul. Pour faire le tour de son tronc il faut 7 à 8 adultes se tenant par la main. Cet arbre « mammouth » à la peau rouge, vénéré par les indiens de la Sierra Nevada (Californie, USA) est rassurant. Son écorce tendre nous invite à nous adosser à son tronc, nous émerveiller, sentir la force qui le traverse, écouter la nature. Le séquoia géant, nous fait retomber dans l’enfance.

Emblème de la Région

Sa grande silhouette, à la couronne conique, sculpte une des collines du Parc de Woluwe. Ce parc à l’anglaise a été imaginé à la demande de Leopold II en vue de l’Exposition Universelle. Entre 1896 et 1899, l’architecte Emile Lainé a complètement modelé le paysage : étangs, bois, talus de 30 mètres, grandes allées courbes, ont été créés de toutes pièces.

Cet environnement convient parfaitement à ce sequoia. Il y pousse vigoureusement. Dans la prairie humide au fond du vallon ses racines trouvent l’eau dont elles ont besoin. Ses feuilles absorbent et stockent l’humidité des brumes. A flanc de coteau, en lisière d’un massif boisé, son feuillage profite aussi pleinement de la lumière du soleil levant. Il est d’un vert sombre et dense toute l’année.

Rencontre avec un individu gigantesque

Approchez doucement ce colosse pour caresser son écorce. Elle est très épaisse (< 50 cm) spongieuse et fibreuse : moelleuse comme un coussin, douce comme du velours. Sa couleur rouge-brun est à l’origine du nom anglais des séquoias : les « Redwoods » (bois rouges). Regardez le feuillage de près : il est composé d’une multitude de petites écailles pointues. Elles sont serrées contre le rameau sur la moitié de leur longueur, puis elles s'en écartent. L’arbre produit aussi des cônes. Ils sont verts sur les rameaux, bruns à vos pieds. Ils sont ovales avec des écailles en losanges aplatis, un peu creux au centre. Ils protègent de minuscules graines: des trésors de la nature.

Le génie de cet arbre

La graine microscopique qui a donné naissance à ce mastodonte provient soit d’une forêt californienne, soit d’un arboretum qui est parvenu à reproduire des séquoias. A partir de 1853, les Séquoidendron giganteum devinrent à la mode dans les parcs de grandes propriétés et les jardins botaniques européens. Leurs graines s’achetaient à prix d’or car on ne les trouvait qu’en Sierra Nevada en Californie, seule région du monde où les « Redwoods » poussent naturellement.

La reproduction de ces conifères californiens est surprenante. Seule une forte chaleur permet aux cônes de s’ouvrir pour libérer leurs graines. Sans elle, ils peuvent rester fermés et accrochés à leurs rameaux pendant 20 ans. Les incendies sont de fameux alliés des séquoias. Ils dégagent le sol forestier et l’enrichissent de leurs cendres: ils permettent ainsi aux graines de germer. Cette alliance avec le feu est possible car l’écorce des séquoias, pleine d’eau et de tanins, est exceptionnellement résistante aux flammes.

Chaque mini graine contient toute l’information qui permet d’aligner des milliers de mètres cubes de bois à la verticale, atteindre des hauteurs vertigineuses, vivre jusqu’à 2000 ans. Les racines paraissent ridiculement petites pour ancrer un tronc aussi énorme. Elles s’enfoncent peu profondément dans le sol. Pourtant elles parviennent à maintenir debout des arbres de 50 à 100 mètres de haut car elles s’étendent à 30-40 m à la ronde.

275 millions d’années d’Histoire

Les Séquoias sont apparus sur Terre bien avant les dinosaures. Ils furent particulièrement répandus en Europe et en Amérique du Nord entre -65 et -24 millions d’années. Puis le froid et la sécheresse les ont fait disparaître progressivement. Et une glaciation les a totalement éliminés de chez nous il y a 1,5 millions d’années. Seules deux espèces, la giganteum, la sempervirens, ont survécu jusqu’à nos jours en Californie. Là-bas, de nombreux spécimens ont connu les Peaux rouge puis les Yankees.

Pendant plusieurs siècles, les tribus de Sierra Nevada ont cohabité harmonieusement avec les forêts de sequoias. Ils vivaient parfois dans les cavités naturelles des troncs. Ils connaissaient la résistance de l’arbre à la pourriture, aux parasites et surtout au feu. Ils utilisaient des pans d’écorce pour construire leurs huttes, des filets, des paniers avec leurs fibres. Contrairement aux visages pâles, les indiens n’abattaient pas les séquoias, car cela portait malheur. Ils utilisaient les arbres que la forêt leur offrait.

L’homme blanc n’a découvert les forêts de séquoias qu’en 1852. Il a tenté de les exploiter intensivement. Mais il a dû renoncer aux abatages massifs. Car les forêts de la Sierra Nevada étaient difficilement accessibles, et la qualité du bois des séquoias géants insuffisante pour une exploitation industrielle rentable. Et puis, le caractère extraordinaire de ces arbres a aussi permis de sauvegarder une grande partie de la forêt. Les « big trees » sont devenus des attractions touristiques très populaires. Les plus anciens parcs publics américains leurs sont consacrés. Aujourd’hui cette espèce est protégée : elle fait partie du patrimoine naturel et historique des Etats-Unis. Néanmoins, l'administration Trump a remis en question l'existence du Giant Sequoia National Monument en 2017. L’opinion publique américaine, qui s’est mobilisée plusieurs fois par le passé pour les protéger, est à nouveau sur le qui-vive.

Les séquoias européens, eux, ont une histoire plus tranquille. Ils ont été réintroduits en Europe en 1853 comme arbres d’ornement, espèce emblématique des parcs. Ils sont près d’un millier en Belgique. Pour l’instant ils sont plutôt choyés. Qui sait si cette attention sera suffisante pour faire face au chancre (Botryosphaeria dothidea) qui s’attaque à l’espèce, et pour résister au changement climatique. Il va falloir redoubler de soins : leur fournir de l’eau en permanence, et leur apporter un sol léger et riche comme celui de la forêt où ils sont censés pousser. Ainsi parviendront-ils peut-être à vivre 2 siècles, comme certains de leurs cousins américains.

Pour plus d'informations : http://www.sequoias.eu (merci à Marc Meyer qui nous a donné une série de détails sur cette espèce qui le fascine).

Ce portrait est enrichi d’une illustration issue de la Collection de l'Etat fédéral belge en prêt permanent au Jardin botanique de Meise. https://www.plantentuinmeise.be/fr/home/

© Bruciel 1953
© Bruciel 1971
© Bruciel 1996
© Bruciel 2015
Giant Sequoias, Pont à Lesse, Belgium
Giant Sequoias, Pont à Lesse, Belgium