Adresse :
Jardin Massart Auderghem
Coordonnées GPS :
50.8137 , 4.4380
Inventaire scientifique :
217

Carte d'identité

Catégorie :
Arbre remarquable
Nom en latin :
Gleditsia caspica
Nom en français :
Févier du Caucase
Nom en néerlandais :
Valse Christusdoorn
Nom en anglais :
Caspian Locust
Famille :
Fabaceae
Hauteur :
11 m
Hauteur visée :
Cette espèce peut atteindre 10-12 m
Diamètre de la couronne :
24 m
Circonférence du tronc :
333 cm
Circonférence espérée :
-
Longévité espérée :
-
Origine / Indigène :
Nord-ouest de l'Iran, Azerbaïdjan
Sol préféré :
-
Climat préféré :
Tempéré, océanique, forestier

Traits et caractères de l'individu

Cet arbre a été choisi par le Jardin Botanique Jean Massart:

"Le févier de la Caspienne du Jardin Massart est remarquable par ses dimensions. C’est aussi l’arbre que le visiteur, traversant le Jardin par l’allée principale, ne manquera pas de remarquer, en toutes saisons. On le découvre progressivement derrière les serres sur la gauche. Sa couronne, particulièrement majestueuse, s’étale sur une surface de plus de 3 ares. Il semble aussi large que haut. Ses branches surplombent l'allée qu'elles ombragent agréablement en été. Ses feuilles interpellent tant leur structure peut varier sur une même branche. Ses fleurs n’ont pas de couleurs particulièrement remarquables pour le promeneur, mais elles sont très mellifères et abondamment visitées par les abeilles. En hiver, défeuillé, l’arbre frappe par la dimension très impressionnante des épines de son tronc, longues et acérées. Voilà un arbre remarquable du Jardin. Il y pousse depuis 70 ans."

L'ENVIRONNEMENT DE L'ARBRE

"Le Jardin Massart est riche en arbres et arbustes. Il s'agit d'une part de fragments de végétations boisées naturelles, notamment dans sa zone humide (aulnes, frênes, etc.).

D'autre part, une petite collection d'arbres et arbustes exotiques y a été constituée. Sa vocation est essentiellement pédagogique. L'accent est mis, de préférence, sur des espèces peu communes dans les jardins et les parcs. Au fil du temps, cet arboretum a développé des conditions écologiques qui lui sont propres, et son ambiance forestière, le long des étangs du Rouge-Cloître, séduit le promeneur en toutes saisons.

Le Jardin conserve aussi une petite collection de variétés d'arbres fruitiers, notamment des pommiers.

ACTIVITES ARBOREES

Le Jardin et Wood Wide Web tissent des liens. Trois étudiants de 3° année Bachelor en Biologie ont mené des recherches sur une série d'arbres remarquables du Jardin, dont cet individu-ci. Leur travail de vulgarisation sera publié sous forme de portrait fin 2019, début 2020. Une promenade en ligne reliera bientôt ces arbres sur notre atlas.

Cette promenade sera inaugurée le dimanche 22 septembre 2019 lors de "Garden Tales", dans le cadre d'une collaboration entre Wood Wide Web, le Jardin Massart et le CIVA. Deux visites guidées seront organisées. Inscription nécessaire.

La collection de cet Arboretum permet d'organiser des activités pédagogiques et didactiques, adaptées à des publics très variés.

Une brochure publiée par l'équipe pédagogique du Jardin Massart "arbres et arbustes du Jardin botanique Jean Massart" propose une agréable promenade à travers les collections arborées du Jardin. Cette brochure est disponible aux presses universitaires de l'ULB ou auprès de l'équipe pédagogique du Jardin (jardinmassart@ulb.ac.be). Des visites guidées sur le même thème sont proposées pendant l'année.

Vous êtes un groupe constitué? (min 10 pers. max 25) Vous aimeriez organiser une visite des arbres et arbustes du Jardin? Toutes les info: jardinmassart@ulb.ac.be

Ce portrait a été écrit par Anton Laurent, étudiant en 3° année Bachelor en Biologie à l’Université Libre de Bruxelles, guidé par Pierre Meerts et Priscille Cazin, dans le cadre d’une collaboration entre le Jardin Massart et Wood Wide Web.

Le clou du Jardin

Si vous vous baladez au jardin botanique Jean Massart, vous ne pouvez manquer le « févier du Caucase » tant il occupe une place centrale dans le paysage. C’est l’un des arbres emblématiques du jardin. Ce févier appartient à une espèce très peu commune à Bruxelles. Il est l’unique individu inscrit à l’Inventaire du Patrimoine naturel de la Région bruxelloise. Il a sans doute été planté peu après la création du jardin.

Isolé au cœur du jardin, ce spécimen n’a pas eu besoin de s’élever très haut à la conquête de la lumière. Il a pu s’épanouir tout en largeur. Ses branches principales (charpentières) s’étalent presque à l’horizontale, si bien que sa couronne en parasol passe allègrement au-dessus de l’allée principale.

Remarquez les grandes épines recouvrant le tronc et branches de ce févier. Elles protègent l’arbre d’une éventuelle prédation par les grands herbivores. Ces épines sont parmi les plus grandes du règne végétal !

Une autre espèce de févier, Gleditsia triacanthos, très semblable au févier de la Caspienne, est assez souvent plantée comme arbre d’alignement à Bruxelles.

Au centre d’un spectacle printanier

Vers la fin du printemps, le févier du Caucase est en pleine floraison. Autant l’arbre impressionne par sa couronne imposante, autant les fleurs surprennent par leur discrétion. Elles sont groupées en grappes verdâtres. Fortement mellifères, elles attirent une multitude d’insectes à plusieurs kilomètres à la ronde.

Si durant cette période, vous venez rendre visite au févier, tendez donc le nez et ouvrez les yeux. Vous sentirez le parfum sucré de son nectar et serez happés dans un tourbillon d’insectes bourdonnant.

Un arbre qui résiste

Il y a vingt millions d’années, les féviers formaient un grand ensemble d’espèces réparties sur tout le continent Eurasien. Quatorze espèces de féviers sont parvenues à s’adapter aux grands changements climatiques de la planète. Elles sont réparties dans différentes régions du globe, mais aucune n’est indigène en Europe. Le févier du Caucase fait partie de ces espèces qui ont traversé les âges. Il réside en Transcaucasie* dans ce qu’on appelle la « forêt Hyrcanienne », une grande forêt située au sud de la mer Caspienne. C’est une forêt qui abrite de nombreuses espèces d’arbres qui existaient jadis en Europe, mais qui ont migrés, poussés par les glaciations.

Mais leur refuge, la forêt Hyrcanienne, est fortement abîmé par les activités humaines. Et le févier a beau être très piquant, il n’est pas armé contre la destruction de son environnement.

Notre févier bruxellois lui, choyé par les jardiniers, étudié par les scientifiques, semble avoir un meilleur avenir. Loin de sa forêt d’origine, il a poussé dans un environnement protégé. Alors qu’il préfère les climats relativement chauds, il a réussi à s’acclimater au jardin Massart. Cependant, les abeilles ont beau le visiter abondamment, cet exemplaire n’a jamais produit de fruits. Il est possible que la plante doive être pollinisée obligatoirement par le pollen d’un autre individu. Les féviers du Caucase les plus proches se trouvent au jardin botanique de Meise, à l’opposé de Bruxelles, au Nord de de la capitale. Ils sont beaucoup trop éloignés pour qu’un pollinisateur puisse apporter du pollen jusqu’au jardin Massart. Une autre hypothèse serait que l’individu planté au jardin Massart ne produise que des fleurs sans pistil fonctionnel, ce qui peut arriver chez le genre Gleditsia.

Un espoir dans la recherche

Le févier du Caucase fait l’objet de recherches visant à découvrir des molécules utiles en médecine. Les caspicaosides sont des molécules provenant de notre arbre. Elles sont fort étudiées actuellement car elles semblent capables de combattre certaines tumeurs cancéreuses humaines. Au-delà de cet intérêt pharmacologique, le févier du Caucase est un témoin d’une flore ancienne, aujourd’hui réfugiée dans les forêts hyrcaniennes. Il mérite donc d’être conservé.

*Transcaucasie : région bordant la mer Caspienne, allant du sud de l’Azerbaïdjan jusqu’au nord de l’Iran.

Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photo: Anton Laurent, étudiant 3° année Bachelor en biologie, ULB
Photo: Anton Laurent, étudiant 3° année Bachelor en biologie, ULB
Photo: Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
Photos: Priscille Cazin - Zerolutions/32shoot asbl
Photo: Anton Laurent, étudiant 3° année Bachelor en biologie, ULB
Photo: Anton Laurent, étudiant 3° année Bachelor en biologie, ULB
idem
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