Adresse :
Parc des Muses Molenbeek-Saint-Jean
Coordonnées GPS :
4.316746027071177 , 50.85446073118659
Inventaire scientifique :

Carte d'identité

Nom en latin :
Ginkgo biloba
Nom en français :
Ginkgo biloba “Arbre aux 40 écus”
Nom en néerlandais :
Japanse notenboom
Nom en anglais :
Ginkgo biloba
Famille :
Ginkgoaceae
Hauteur :
20 m
Hauteur visée :
Cette espèce peut atteindre jusqu’à 30 m
Diamètre de la couronne :
14 m
Circonférence du tronc :
434 cm
Circonférence espérée :
Longévité espérée :
Peut vivre plus de 1000 ans
Origine / Indigène :
Asie, Sud Oust de la Chine
Sol préféré :
Tous
Climat préféré :
Plutôt chaud, tempéré humide mais s’acclimate à notre pays

Utilité et services de l'arbre

Embellit le paysage :
+++ effet très marqué d’une couronne large et très visible dans le parc
Enrichit la biodiversité :
+++ arbre vétéran, flore et faune associées
Fournit de l'oxygène :
++ grande densité de feuillage
Purifie l'air :
++ idem, réputé résistant à la pollution des villes
Filtre l'eau :
ø
Évite les inondations :
ø
Stocke le carbone :
+ bonne croissance, mais tronc creux dégradé
Adoucit le climat :
+++ ombrage sous la couronne
Limite l'érosion du sol :
ø
Fait du bien, guérit :
+++ cultivé pour ses vertus médicinales : stimulation vasculaire et cérébrale, anti-inflammatoire, anti-oxydant, anti vieillissement
Collection de l'Etat fédéral belge en prêt permanent au Jardin botanique de Meise: Von Siebold, Flora Japonica, pl. 136

Traits et caractères de l'individu

Avec ses feuilles à 2 lobes en forme de petits éventails, et avec ses fruits jaune or, cet arbre aux quarante écus illumine le petit parc des Muses. Ce vétéran de la Région, est issu d’une espèce de conifères contemporaine des dinosaures. C'est un symbole de longévité en Asie. Ici, il montre déjà des signes de vieillesse. Il fait l’objet de soins attentifs pour lui garantir de belles années. Il a été entouré d'une clôture car il est possible qu'il perde une branche un jour: une protection de ses racines et de nos têtes.

Cet arbre est jumelé avec un Ginkgo français qui se trouve à Montrichard (Loir-et-Cher, région Centre-Val de Loire). Dans la galerie de photos ci dessous, vous pourrez découvrir un individu mâle, protégé depuis 1979 par la municipalité, et situé dans le parc de l'hôtel d'Effiat. On l’appelle l’arbre d’or de Montrichard. Cet arbre a reçu le label « Arbre Remarquable de France » en 2001. C'est un coup de coeur de l'associaition ARBRES (arbres.org).

L’arbre soleil

Les ginkgos ont la réputation d’être incroyablement résistants, à la pollution, aux radiations, aux virus : ce sont de véritables forces de la nature. Ils sont témoins de l’évolution de la planète. Pour les chinois et les japonais ce sont des arbres sacrés, symboles d’immortalité.

L’arbre sacré

Au Parc des Muses à Molenbeek, on n’approche pas le Ginkgo biloba à la légère. Cet individu est le plus grand et le plus vieux spécimen connu de la capitale. Il y a environ 150 ans il poussait, à la campagne. « Total respect » disent certains habitants du quartier lorsqu’ils apprennent son âge.

Le promeneur est invité à observer sa silhouette exceptionnelle à une certaine distance. Elle est harmonieuse, bien équilibrée. Ses branches charpentières, son tronc court, et ses contreforts, sont puissants. Si vous passez dans les parages, plongez votre regard dans son feuillage : ses couleurs, vert brillant au printemps, et doré à l’automne (novembre), sont une caresse pour les yeux. Il illumine le parc.

Vous pouvez vous approcher de lui. Mais pas trop près. Car, malgré les apparences, le plus gros ginkgo de Bruxelles a une santé fragile. En réalité il est creux : on le devine à son tronc cannelé, et son écorce tantôt crevassée, tantôt bombée. L’arbre se bat contre un champignon qui le ronge de l’intérieur. Le Département des Arbres Remarquables de la Région est son allié dans cette bataille. Un triple périmètre de protection a été créé autour de lui.

Ainsi, ses racines ne sont pas piétinées. A son pied, les herbes peuvent pousser et les feuilles peuvent tomber et se décomposer. Il s’agit de lui fournir un sol proche de celui de la forêt : souple et aéré, riche en humus. Cette tactique a permis au ginkgo de reprendre des forces. Aux dernières nouvelles, il est parvenu à isoler et neutraliser le champignon dans des compartiments.

S’il ne s’affaiblit plus, il est probable que cet individu ait encore de beaux jours devant lui. Il ne tiendra sûrement pas un millénaire comme certains ginkgos en Asie. Mais avec un peu de chance, il pourrait bien traverser encore un siècle et demi. A quoi ressemblera Molenbeek à ce moment-là ?

Longue vie à lui. Et gare à celui qui oserait pénétrer dans sa zone sacrée : ce spécimen perd une grosse branche de temps en temps…

Symbole d’Immortalité

Les ginkgos sont apparus sur Terre il y a +-270 millions d’années. A cette époque, les continents étaient encore soudés. Les fougères et les prêles géantes, mais aussi les conifères, recouvraient nos paysages. Cet arbre a connu son apogée pendant le Jurassique. Il a côtoyé les dinosaures, et il les a vu disparaître. Parmi la douzaine d’espèces de ginkgos, une seule a survécu aux chamboulements de l’évolution : le biloba.

A la fin du 17e siècle, les européens ne connaissaient de lui que l’empreinte fossilisée de sa feuille. Ils croyaient que cet arbre avait complètement disparu, comme les fougères géantes et les dinosaures. Si bien que le botaniste allemand Engelbert Kaempfer n’en crût pas ses yeux lorsqu’il rencontra un spécimen vivant au Japon. Pourtant cet arbre « préhistorique » était déjà cultivé au 12e siècle par les moines en Chine.

Ensuite, le ginkgo a pratiquement disparu des forêts d’Asie. Mais son caractère sacré, sa beauté, et sa robustesse ont fait de lui un protecteur. Si bien qu’il a survécu devant les temples bouddhistes et shintoïstes, dans les cours des palais et puis à l’entrée des lieux publics au Japon. Ses très nombreuses propriétés médicinales ont peut-être aussi contribué à sauver son espèce. Sa culture s’est répandue aux quatre coins de la planète. Et sa résistance a fait de lui un arbre de la ville : il s’adapte très bien à nos parcs et nos avenues.

L’arbre « polynôme »

Ce sont surtout les feuilles atypiques qui attirent l’attention des passants tant leur forme est particulière. Elles ressemblent à des petits éventails de 6 centimètres (en moyenne). Cet éventail orne la coiffe des plus grands sumos, et le blason de la ville de Tokyo. Les chinois, eux, les comparent plutôt à une « patte de canard ». Quand on les regarde de près on aperçoit une échancrure discrète qui divise le limbe en deux lobes. D’où le nom de son espèce : biloba.

Les petits « fruits » de l’arbre ne sont pas anodins non plus. D’abord, ce ne sont pas vraiment des fruits : ce sont des ovules nus, ou « pseudofruits ». Ce sont eux qui ont donné leur nom aux ginkgos : « abricots d’argent » en japonais. Ils sont vert pâle avec des reflets argentés au printemps. Puis ils prennent une allure de mirabelle jaune or.

Contrairement à ce que l’on croit, le ginkgo, souvent appelé « l’arbre aux 40 écus », ne tient pas son nom de ces fruits dorés. Il doit cette appellation à un fait qui se serait passé en 1780. Monsieur de Pétigny, un riche habitant de Montpellier, aurait acheté plusieurs ginkgos à un horticulteur londonien. Pour chaque spécimen il aurait dépensé la somme de 40 écus.

L’histoire ne raconte pas si le montpelliérain s’est repenti de cette affaire. Car lorsque les fruits dorés tombent et pourrissent au sol, ils dégagent une odeur insupportable de beurre rance et de vomi. L’anecdote ne dit pas non plus si l’acheteur a gouté les noix savoureuses qui se cachent au cœur du fruit. Elles valent au ginkgo le surnom de « Noyer du Japon ». Elles jouaient un rôle important dans la cérémonie du thé, et elles sont très prisées dans tout l’Extrême Orient pour concocter des plats raffinés.

Chez cet arbre tout se transforme en or. En octobre-novembre, les feuilles et fruits resplendissent alors que tout devient gris. C’est ainsi que cet arbre a été surnommé « chevelure de Vénus » par le botaniste Kaempfer. Puis, lorsque les feuilles sont emportées par les vents d’automne, elles se transforment en pluie d’or. Si bien que le ginkgo est devenu l’arbre aux mille écus. Au parc des Muses il est un « soleil » au début de l’hiver.

Marqueur de l’évolution

Cet arbre ne marque pas seulement le langage. Dans l’évolution et la classification des plantes/végétaux, le ginkgo occupe une place à part. Il est une espèce, un genre, une famille et un ordre. Rien que ça !

On le prend souvent pour un feuillu mais il fait partie de la grande famille des conifères. Pourtant il ne produit pas de cônes. Ses bourgeons ressemblent à des petits cônes verts. Mais en réalité ce sont d’étranges rameaux, très courts, au bout desquels les feuilles poussent en bouquets.

Comme tous les conifères, le ginkgo fait partie des gymnospermes : ce sont des plantes dont les graines ou les ovules sont totalement nus. Mais contrairement aux autres conifères, ses ovules ne sont pas protégés par les écailles d’un cône, comme les pignons à l’intérieur des pommes de pins par exemple.

Il se distingue aussi par un mode de reproduction particulier. Les botanistes disent que cet arbre est « dioïque » : qu’il a deux maisons. Car chez les ginkgos les sexes sont séparés. Monsieur ginkgo porte des fleurs mâles : des « chatons ». Elles sont regroupées en grappe le long d’une tige qui pend. Leur pollen se disperse au gré du vent. Il féconde Madame gingko qui porte des ovules : deux petites bosses au bout d’une tige. Elles sécrètent une petite goutte poisseuse qui capte les grains de pollen dans l’air. Elles se transforment alors en « abricots argentés » puis « mirabelles dorées ». Malgré leur nom, ce ne sont pas des fruits, mais bien des ovules. Comme ils sont complètement nus, ils sont assez fragiles. Il faut qu’ils s’enracinent vite sans quoi ils meurent.

Comment le ginkgo a-t-il pu traverser l’évolution avec un mode de reproduction aussi primitif ? Quel est le secret de son immortalité ? Voilà un mystère encore bien gardé.

Photos: Gwen Videoprojects / 32shoot asbl
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Jumelage : Morlanwelz (gps 50.27556, 413476) © Beltrees
Jumelage: Leuven (gps 50.52310, 4.42098) © Beltrees
Jumelage: Leuven (gps 50.52310, 4.42098) © Beltrees
Jumelage: Montrichard, France © A.R.B.R.E.S (G.Feterman etF.Cousseran)