Adresse :
Parc Astrid Anderlecht
Coordonnées GPS :
50.8334 , 4.2998

Carte d'identité

Catégorie :
Arbre remarquable
Nom en latin :
Carpinus betulus
Nom en français :
Charme Commun
Nom en néerlandais :
Gewone haagbeuk
Nom en anglais :
Common / European hornbeam
Famille :
Betulaceae
Hauteur :
23 m
Hauteur visée :
Cette espèce peut atteindre 25 m
Diamètre de la couronne :
22 m
Circonférence du tronc :
310 cm
Circonférence espérée :
500 cm
Longévité espérée :
Peut vivre jusque 150 ans
Origine / Indigène :
Arbre bien de chez nous, pousse naturellement en Belgique
Sol préféré :
Neutres, assez riches, argileux, et frais
Climat préféré :
Tempéré, continental, résistant au froid

Utilité et services de l'arbre

Embellit le paysage :
++ en bordure de massif, mais quel effet de plus près!
Enrichit la biodiversité :
+ indigène, très courant mais associé à une faune importante
Fournit de l'oxygène :
+++ très grande surface foliaire/du feuillage
Purifie l'air :
+++ idem
Filtre l'eau :
+ cette espèce n'est pas caractéristique des sols humides
Évite les inondations :
++ idem, mais grande surface transpirante
Stocke le carbone :
++ croissance lente, bois dur
Adoucit le climat :
+++ effet surtout marqué sous la couronne
Limite l'érosion du sol :
+ ici sur sol plat, mais cette espèce est utilisée pour la fixation des talus
Fait du bien, guérit :
+++ rameaux, bois, feuilles
Botanique illustrée © Wikimedia Commons

Traits et caractères de l'individu

A deux pas du stade, cet individu à l’écorce lisse et au tronc « musclé » a l’air de se porter comme un charme. Il est vrai qu’il appartient à une espèce résistante. Jusqu’à quel point résistera-t-il à la pression humaine ? Ses racines sont piétinées par les foules qui sortent du stade, et son sol tassé par les promeneurs qui s’installent à son pied ...

L’athlète

Les charmes poussent par milliers à Bruxelles. Mais seule une petite centaine d’entre eux fait partie de l’Inventaire scientifique des arbres remarquables, dont un individu qui sort nettement du lot. Dans le haut du parc Astrid, lieu bien connu par les supporters de foot qui ont fréquenté le stade d’Anderlecht, pousse un champion de la Région : « un charmant charme » dont la présence ne passe pas inaperçue dans le paysage. Du bas de la colline, on aperçoit la silhouette d’un arbre qui se détache du massif boisé. A première vue, de loin, sa couronne, ample et haut perchée sur un tronc bien droit pourrait faire penser à un hêtre ou bien peut-être un orme. Pourtant, c’est un charme. Avec un tronc massif, de plus de 3 mètres de tour, il est particulièrement grand pour son espèce.

Musclé

C’est lorsqu’on se rapproche de cet individu qu’on peut le distinguer du hêtre. En automne, ses fruits en grappe, éparpillés sur le gazon, annoncent sa présence dans les parages. Ils sont particuliers : chaque fruit (un akène) entoure une graine d’une sorte de voile, ou d’aile appelée bractée, qui lui permet d’être disséminé par le vent. Cette bractée a une forme de pattes de canard. Avec trois lobes : un grand au milieu et deux petits de chaque côté. Cela pourrait être l’emblème du charme tant cet élément permet de le reconnaître à coup sûr. On l’aperçoit dans le feuillage une bonne partie de l’année.

La feuille du charme est assez semblable à celle du hêtre : ovale et terminée par une pointe. Cependant on la distingue facilement car elle est doublement dentée. Sur le bord du limbe, il y a des dents relativement grandes, et, sur ces dents, une deuxième rangée de dents plus petites. Alors que la feuille du hêtre est totalement lisse, parfois un peu velue sur les extrémités mais pas dentée du tout.

Cependant, ce qui caractérise peut-être le mieux le charme, c’est son tronc. Son écorce est lisse comme chez le hêtre, mais elle est cannelée. Chez notre individu, les cannelures sont profondes : c’est un signe de l’âge. On pourrait glisser délicatement la main entre les reliefs de l’écorce. Des reliefs qui font penser à une musculature dense, et dure. C’est typique du charme. Le tronc du hêtre, lui, est totalement lisse et bien cylindrique. Celui des charmes a souvent une forme bien plus torturée que ce spécimen élancé et musclé, tel une statue d’athlète de l’Antiquité grecque.

Résistant

Ce géant est un bon représentant de son espèce, réputée pour sa solidité et sa rusticité. Son bois est des plus durs. Par le passé, le bois de charme était apprécié pour fabriquer des pièces dont le matériau devait supporter les chocs et des pression mécaniques : roues, engrenages dentés, maillets, vis, etc.

Cela fait plus de 100 ans qu’il pousse au Parc Astrid. Il a été témoin de toute une série de chamboulements de l’espace autour de lui : il a connu ce parc du temps où il était attaché à une grande propriété. Et puis il a assisté à sa transformation : ouverture au public, besoin d’espace pour le stade d’une part, une école de l’autre. Mais il a tenu bon face à ces aménagements. Cette résistance dans le temps lui donne une valeur particulière, historique. Il a même assisté à tous les matches du club d’Anderlecht, à la belle époque du stade 😉.

On peut dire que ce spécimen en a vu de toutes les couleurs. Côté stade, il vu la foule de supporters se déverser à ses pieds, le sol piétiné massivement et tassé autour de lui. Et puis côté parc, il a accueilli des milliers de bruxellois qui ont profité de la douceur de son ombre pour pique-niquer ou faire une pause. Comme la plupart des arbres de parc, il a souffert de la sur-fréquentation de la pelouse où il pousse. Ses racines dans la terre compactée manquent d’air et d’eau. Et pourtant il est toujours là, en bonne santé, comme par enchantement : il se porte comme un charme. (P.C)

Série Photo: © Priscille Cazin - Zerolutions / 32shoot asbl
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